Incomparable Joséphine…

Joséphine est une exposition organisée actuellement et jusqu’à la fin de la semaine au Musée du Luxembourg pour le bicentenaire de sa mort avec, en parallèle, une exposition au château de la Malmaison ayant pour sujet les plantes et les oiseaux que l’Impératrice affectionnait tant.

Andrea Appiani Portrait de l'impératrice Joséphine, reine d'Italie 1807 Huile sur toile, 100 x 76 cm Musée national du château de Malmaison © Rmn-Grand Palais / Gérard Blot

Andrea Appiani
Portrait de l’impératrice Joséphine, reine d’Italie
1807
Huile sur toile, 100 x 76 cm
Musée national du château de Malmaison
© Rmn-Grand Palais / Gérard Blot

 

Enfance & Mariage

Marie Josèphe Rose Tascher de la Pagerie est née sur l’actuelle île de la Martinique, aux Trois-Ilets (anciennement Cul sac de la Vache à la Poterie, nom beaucoup moins glamour ce dont conviendra nos lecteurs) le 23 juin 1763. Ses parents sont des propriétaires terriens et possèdent environ 180 ha de plantation. La petite Joséphine, surnommée affectueusement « Yeyette », y passe une enfance heureuse. Les Tascher de la Pagerie ont pour voisin un certain François de Beauharnais avec lequel ils entretiennent d’excellentes relations. A un tel point que celui-ci demande la main de Catherine-Désirée, seconde fille de la maison pour son frère cadet, le vicomte Alexandre de Beauharnais. Malheureusement, la jeune fille meurt de tuberculose avant même que cette demande ne lui parvienne. Désireux néanmoins de sceller une union entre les deux familles, Joseph-Gaspard Tascher de la Pagerie propose à Alexandre d’épouser sa fille ainée, Marie Josèphe Rose.

Deux enfants, Eugène et Hortense, naîtront de cette union mais le mariage sera malheureux. Alexandre multiplie les liaisons, accuse publiquement et à tort sa femme d’adultère. Le couple vit séparément. L’ascension politique d’Alexandre, le rôle central qu’il joue aux premières heures de la Révolution et lors de la fuite à Varenne le précipite en prison sous la Terreur. Rose met en sécurité ses enfants notamment en faisant engager son fils comme apprenti menuisier afin de faire plus « peuple » et se fait arrêter à son tour pour s’être trop exposée à tenter de sauver ses amis royalistes. Elle rejoint son mari à la prison des Carmes (détruite ultérieurement par les travaux haussmanniens).
(Hector Viger, Visite de Joséphine de Beauharnais à son mari détenu au Luxembourg, 1867 & Paul Schmitt, Le Couvent des Carmes de Vaugirard, du côté du jardin, 1898)

Les conditions de vie y sont épouvantables, n’importe qui peut être envoyé le lendemain à la charrette. Beaucoup d’intrigues amoureuses y voient également le jour, l’idée étant de vivre intensément puisque tout ce petit monde ignore s’il sera encore là le lendemain. Alexandre est guillotiné le 23 juillet 1794 soit 4 jours avant l’arrestation de Robespierre.

 

Rencontre avec Napoléon

Rose échappe au même sort que son époux de façon presque miraculeuse, peut-être grâce à l’intervention de Thérésa Cabarrus, (une autre Merveilleuse à laquelle il faudra que je consacre un jour un article) et sort des Carmes après y avoir passé un peu plus de trois mois. Elle retrouve son appartement de la rue Dominique puis l’échange contre un petit hôtel particulier, rue Chantereine devenue rue de la Victoire en 1797 (des vues ont été réalisées de ce lieu par Charles Nicolas Ransonnette). C’est à cette époque qu’elle serait devenue la maîtresse de Barras. Dans ce Paris post-révolutionnaire, elle fait partie des Merveilleuses, est de toutes les fêtes, lance des modes… bref, elle devient une « vedette » de la période Directoire.

Le 13 vendémiaire 1795, les royalistes fomentent une insurrection. Le gouvernement envoie un homme afin de réprimer rapidement cette révolte : le général Bonaparte. C’est un succès. Quatre jours plus tard, Barras annonce à la tribune de la Convention son intention de désarmer les sections les plus turbulentes. Le 10 octobre, le petit Eugène de Beauharnais se présente au général en demandant à garder le sabre de son père, mort sur l’échafaud. Touché, Bonaparte accepte. La mère du jeune garçon lui envoie un petit mot de gratitude et l’invite à lui rendre visite.
(Charles Steuben, Bonaparte remettant à Eugène l’épée de son père, 1824)

Napoléon ne pouvait se douter qu’il avait rendez-vous avec son Destin. Car la veuve Beauharnais le rend fou d’amour, un véritable coup de foudre. Il l’épouse quelques mois plus tard, le 9 mars 1796 en lui offrant une bague avec cette légende « Au destin ». Cette bague est visible dans l’exposition accompagnée de l’acte et de la corbeille de mariage, très simple, frappée d’un grand « J ». Car Rose ne se nomme plus Rose, elle sera désormais Joséphine (féminisation de son deuxième prénom), ainsi l’a décidé Napoléon qui ne souhaite pas utiliser un prénom galvaudé par trop de lèvres avant les siennes…

Bague de Joséphine aux initiales JNB, Joséphine et Napoléon Bonaparte Vers 1796 Or et émail, diamètre : 20 mm Musée national du château de Malmaison © Rmn-Grand Palais / André Martin

Bague de Joséphine aux initiales JNB, Joséphine et Napoléon Bonaparte
Vers 1796
Or et émail, diamètre : 20 mm
Musée national du château de Malmaison
© Rmn-Grand Palais / André Martin

 

Le général, à peine marié, part immédiatement en campagne pour l’Italie. Contrairement aux usages de l’époque, l’armée de Bonaparte est payée et ne pille pas les différents lieux qu’elle traverse, il l’a voulu ainsi. Suite à leur défaite, les Autrichiens refusent de payer les taxes de guerre et propose au vainqueur de récupérer des œuvres d’art (ce qui les arrange, après tout, ils ne sont pas chez eux). Il supplie sa Joséphine de venir le rejoindre mais la belle ne montre aucune envie de quitter Paris et son jeune amant, le capitaine de hussards, Hippolyte Charles.

Suite à cette campagne victorieuse, Bonaparte revient couvert de gloire et touche des émoluments conséquents. Pendant la campagne d’Egypte, Joséphine achète la Malmaison (comprenant la maison, le mobilier et plusieurs hectares de terrain) sans l’autorisation de son mari. Maison de campagne dont elle disait qu’elle lui rappelait les Trois-Ilets. Il faut dire qu’elle n’aimera guère les Tuileries notamment parce que l’infortunée Marie-Antoinette et son sort funeste étaient trop présents à l’esprit de cette femme qui a prouvé toute sa vie qu’elle possédait l’esprit du XVIIIe siècle.

Suite au coup d’Etat du 18 Brumaire, Bonaparte devient Premier Consul, ce qui propulse son épouse sur le devant de la scène. L’époque cultive le goût pour l’Antiquité. Le tableau d’Andrea Appiani montre une Joséphine coiffée et habillée à l’antique.

 

Impératrice des Français

Après l’assassinat du duc d’Enghien, héritier royaliste soupçonné d’avoir trempé dans l’attentat manqué contre Napoléon, le Sénat vote l’instauration du gouvernement impérial. Le couronnement à lieu à Notre-Dame et, si le pape est invité, c’est à titre de figurant uniquement. Napoléon ne voulant pas recevoir son pouvoir des mains de l’Eglise se couronne lui-même avant de faire de sa femme l’Impératrice des Français. Ce jour glorieux pour Joséphine ne se fait pas sans heurts. La mère de Napoléon a refusé de voir cette belle-fille qu’elle déteste tant se faire couronner Impératrice. Le manteau d’hermine qu’elle porte est tellement lourd qu’on confie le soin de le porter à des dames d’honneur, les sœurs de Napoléon qui refusent d’abord. Lors du Sacre, elles se mettront d’accord pour lâcher le manteau au moment où l’Impératrice montera les escaliers qui la mènent au trône. Joséphine est déséquilibrée et manque de basculer en arrière. Napoléon se tourne alors vers ses sœurs pour les tancer vertement en corse et devant toute la Cour. Et ce n’est que le début des relations orageuses entre Joséphine et sa belle-famille…

Le manteau au cœur de cette anecdote est visible sur le tableau de l’Impératrice Joséphine en robe de sacre d’après F. Gérard. Le symbole de l’abeille utilisé pendant tout le règne est emprunté aux Mérovingiens, un moyen subtil pour Napoléon de clamer une légitimité.

Ce moment du Sacre est connu de tous grâce au magnifique tableau qu’en a fait David. Ce chef-d’œuvre a pris quatre ans de la vie du peintre et l’esquisse pour Joséphine est visible dans l’exposition. Esquisse dont les sœurs de l’Empereur diront qu’elle a sacrément rajeunie par rapport à l’originale. Toute sa vie, Joséphine devra faire face aux hostilités ouvertes de la famille Bonaparte à son égard. Pauline, la plus jeune sœur de Napoléon, la surnommant « la vieille ». Et cette hostilité s’étendait à l’ensemble des Beauharnais, Eugène et Hortense étant chéris de leur beau-père.

Pierre-Paul Prud'hon Portrait de l'impératrice Joséphine dans le parc de Malmaison 1805-1809 Huile sur toile, 244 x 179cm Musée du Louvre, Paris © Rmn-Grand Palais (musée du Louvre) / Gérard Blot

Pierre-Paul Prud’hon
Portrait de l’impératrice Joséphine dans le parc de Malmaison
1805-1809
Huile sur toile, 244 x 179cm
Musée du Louvre, Paris
© Rmn-Grand Palais (musée du Louvre) / Gérard Blot

 

Descendance

Eugène, considéré comme l’enfant parfait par Napoléon, épousera Augusta-Amélie de Bavière, fille de l’électeur Maximilien de Bavière (grand-père de la célèbre impératrice d’Autriche, Sissi) qui lui donnera sept enfants. Sa première fille, Joséphine, épousera le prince héritier Oscar de Suède et de Norvège. Eugène mourra à 42 ans seulement d’une attaque d’apoplexie.
(Andrea Appiani, Le Prince Eugène en vice-roi d’Italie)

Hortense, quant à elle, épousera Louis Bonaparte, l’un des frères de Napoléon. Elle ne le fait pas de gaieté de cœur (étant éprise du général Duroc). Joséphine, sachant qu’elle n’aura plus d’héritiers, souhaite rapprocher les deux familles et régler cette question douloureuse. Le mariage ne sera pas heureux et Louis persécutera sa femme. Ils auront néanmoins trois enfants dont le futur Napoléon III. Hortense aura un quatrième enfant, le futur duc de Morny, fils de Charles de Flahaut, aide de camp de Murat.
(Jean-Baptiste Regnault, La Reine Hortense, vers 1810 & Marie-Éléonore Godefroid, Hortense et ses deux fils, les princes Napoléon-Louis et Louis-Napoléon, 1812)

 

Joséphine et la mode

Vaste question que celle-ci. L’exposition présente plusieurs robes des manteaux de cour, des brodequins (qui sont comme neufs, l’Impératrice ne marchant pas ou très peu) ainsi qu’un magnifique nécessaire de toilette. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : lors du dernier inventaire pratiqué en 1809, on recensera : 379 pièces de dentelle, 49 grands habits de Cour, 676 robes, tuniques ou juives d’étoffe, 202 robes d’été, 60 châles en cachemire, 785 paires de souliers en tissu le plus souvent, 500 chemises de jour dont elle pouvait changer jusqu’à trois fois par jour. Ces chiffres peuvent donner le tournis mais il ne faut pas oublier que le rôle de Joséphine était d’être en représentation en permanence.

Chaque matin, la belle prend un bain suivi d’une longue toilette qui peut durer trois heures. Elle fait usage d’une quantité astronomique de rouge pour les joues. L’Empereur lui disait, lorsqu’il ne la trouvait pas assez apprêtée : « Allons Madame, allez donc vous mettre un peu de rouge ! » En 1808, on compte 3448 francs de rouge pour deux parfumeurs sur les quatre attitrés.

Jacob frères ou Martin Eloi Lignereux Table de toilette de madame Bonaparte aux Tuileries Vers 1800-1803 140 x 132 x 73 cm Musée national du château de Malmaison © Rmn-Grand Palais / Daniel Arnaudet

Jacob frères ou Martin Eloi Lignereux
Table de toilette de madame Bonaparte aux Tuileries
Vers 1800-1803
140 x 132 x 73 cm
Musée national du château de Malmaison
© Rmn-Grand Palais / Daniel Arnaudet

 

Sa collection de bijoux est tout aussi impressionnante. Outre les bijoux de la couronne qu’elle peut porter mais qui ne lui appartiennent pas, l’inventaire post-décès révèlera une vingtaine de parures composées notamment de boucles d’oreilles, de colliers, de bandeaux, une dizaine de colliers de perles en plus de celles incorporées dans d’autres bijoux. L’un d’entre eux est composé de 361 perles pour une valeur de 54 000 francs or, valeur d’époque. On touche là l’un des problèmes de Joséphine, très dépensière. Elle fera des dettes tout au long de sa vie que son Empereur de mari réglera, non sans lui avoir cherché querelle avant. Il le dira plus tard à Hortense dans une confession touchante avant son départ en exil : « Je ne puis m’accoutumer à habiter ce lieu (la Malmaison) sans elle, il me semble toujours la voir sortir d’une allée et cueillir une de ces roses qu’elle aimait tant. Nous n’avons jamais eu qu’un sujet de querelle et c’était ses dettes et je l’ai assez grondée pour cela. Elle était femme dans toute la force du terme, mobile, vive et le cœur le meilleur. »

Parure de saphirs et de diamants de l'impératrice Joséphine Début XIXe siècle Or, argent, diamant, saphir, 5,1 x 2,2 cm Musée du Louvre, Paris © Rmn-Grand Palais (musée du Louvre) / Droits réservés

Parure de saphirs et de diamants de l’impératrice Joséphine
Début XIXe siècle
Or, argent, diamant, saphir, 5,1 x 2,2 cm
Musée du Louvre, Paris
© Rmn-Grand Palais (musée du Louvre) / Droits réservés

 

Que faisait l’Impératrice de ses journées ? Ses après-midis étaient dédiés au billard, à la lecture, la broderie, la promenade, en calèche dès que cela était possible et de préférence au Bois de Boulogne. Le dîner était servi vers 18H00 et se terminait par un thé. Le jeu était alors l’activité la plus prisée, on jouait au 21 ou à la Macédoine.

Joséphine était une femme prodigue. Passionnée par les arts, elle leur a apporté son soutien. Il faut compter sur une distribution de plus d’un million de francs en gratifications sur les cinq dernières années du règne. Six millions sur six ans pour ses robes. Napoléon le dira dans ses mémoires : « Elle donnait. Mais se serait-elle privée de quelque chose pour donner ? Non. Aurait-elle fait un sacrifice pour aider quelqu’un ? Voilà la vraie bonté. Elle donnait mais elle puisait dans le sac. »

 

La table sous Joséphine

L’époque voit se développer une véritable tradition des arts de la table. Joséphine souhaite cependant développer d’autres manufactures que celle de Sèvres. L’exposition offre donc aux yeux des visiteurs des pots à glace, un surtout de table, des assiettes avec des vues d’Italie, un bol à punch surmonté du chiffre « J » couronné. Arrêtons-nous un instant sur les flûtes à champagne, soufflées, taillées puis gravées avec des facettes. Très peu de bouteilles circulent à la cour car elles explosent souvent en chemin jusqu’à Paris. Mme Cliquot envoie un jour une caisse à Napoléon, le succès est immédiat. Et si les flûtes sont très hautes, c’est afin de décanter le champagne qui, à l’époque, ne l’était pas.

Attr. à la Manufacture impériale des Cristaux de Montcenis au Creusot Flûte à champagne au chiffre J couronné. 1804-1814 Cristal, 19,5 x diam; 7,2 cm Musée national du château de Malmaison © Rmn-Grand Palais / Gérard Blot

Attr. à la Manufacture impériale des Cristaux de Montcenis au Creusot
Flûte à champagne au chiffre J couronné.
1804-1814
Cristal, 19,5 x diam; 7,2 cm
Musée national du château de Malmaison
© Rmn-Grand Palais / Gérard Blot

 

Divorce et vie loin de la Cour

En 1809, à 46 ans, Joséphine est répudiée par Napoléon, obsédé par l’idée qu’il lui faut une descendance. Est-ce son séjour sur la paillasse de la prison des Carmes, les journées d’angoisse passées sous la Terreur qui ont ménopausé Joséphine de bonne heure ? Elle aura été incapable de donner un enfant à l’Empereur et, même s’il adore toujours sa femme, il demande l’annulation du mariage au nom de la raison d’Etat. Le 15 décembre, la voix étranglée par l’émotion, Joséphine sera incapable d’aller jusqu’au bout de la lecture du consentement de divorce. Quant à Napoléon, ses larmes coulent. Le lendemain, Eugène déclare devant le Senat : « Les larmes qu’à coûtées cette résolution à l’Empereur suffisent à la gloire de ma mère… »

Immédiatement, elle rejoint sa chère Malmaison dont elle est maintenant la propriétaire officielle. Joséphine garde également son titre d’Impératrice et reçoit l’Elysée (qu’elle devra rendre à cause sa proximité avec l’Empereur contre Laeken à Bruxelles) ainsi que deux millions annuels sur le Trésor de l’Etat et un million sur le Trésor de la Couronne (ce dont elle ne pourra jamais se satisfaire, toujours prompte à faire des dettes)
Désormais, elle se consacre à sa demeure qu’elle aime tant, à ses collections et à sa passion pour les plantes.

 

Collections

Joséphine se plaira à collectionner de nombreuses œuvres d’art et sa collection montre son inclination pour les artistes des XVIIe et XVIIIe siècles : Reni, Rembrandt, Mignard, Poussin, Van Dyck… Certaines de ces œuvres sont reconnaissables dans une aquarelle d’Auguste Garneray, Le Salon de musique en 1812. On y voit la galerie de peintures avec la harpe de l’Impératrice.

Cousineau Père et Fils Harpe de l’impératrice à Malmaison Vers 1804 Acajou, bronze doré, cordes, H192 cm x 78 cm Musée national du château de Malmaison © Rmn-Grand Palais / Gérard Blot

Cousineau Père et Fils
Harpe de l’impératrice à Malmaison
Vers 1804
Acajou, bronze doré, cordes, H192 cm x 78 cm
Musée national du château de Malmaison
© Rmn-Grand Palais / Gérard Blot

 

Dispersée à sa mort, cette collection sera répartie entre le musée de l’Ermitage Saint-Pétersbourg et Arenenberg. La sculpture est essentiellement représentée par Canova (dont Joséphine possède cinq copies et trois œuvres originales), Bosio, Chinard, Chaudet, Cartellier. A ces merveilles s’ajoute une collection d’antiques provenant de prises de guerre de son mari et de présents : 250 vases antiques dispersés entre la Grande Galerie et la galerie de la serre chaude.

Joseph Chinard Buste de l'impératrice Joséphine Vers 1806-1808 Marbre, H : 65 cm l: 45 cm P: 27cm Musée national du château de Malmaison © Rmn-Grand Palais / Franck Raux

Joseph Chinard
Buste de l’impératrice Joséphine
Vers 1806-1808
Marbre, H : 65 cm l: 45 cm P: 27cm
Musée national du château de Malmaison
© Rmn-Grand Palais / Franck Raux

 

Le mobilier de la Malmaison tranche avec celui des Tuileries, très sobre. Dans son paradis, Joséphine s’autorise tout : un fauteuil à la garniture rouge avec des cygnes sculptés, des jardinières qui trahissent son goût pour l’égyptomanie, une athénienne qui acquiert un usage multiples sous l’Empire.

Attribué à Jacob Frères Fauteuil aux cygnes du boudoir de madame Bonaparte au château de Saint-Cloud Bois peint et doré, velours, 77 x 66 x 51 cm Musée national du château de Malmaison © Rmn-Grand Palais / Droits réservés

Attribué à Jacob Frères
Fauteuil aux cygnes du boudoir de madame Bonaparte au château de Saint-Cloud
Bois peint et doré, velours, 77 x 66 x 51 cm
Musée national du château de Malmaison
© Rmn-Grand Palais / Droits réservés

 

Botanique

Joséphine va mettre à profit son retrait de la vie publique pour s’adonner à sa passion pour la botanique et les plantes exotiques. Elle fait venir des plantes du monde entier et finance des expéditions scientifiques. Elle fait reproduire des planches botaniques sur des vases. La célèbre grande serre tropicale (aujourd’hui disparue) alimentée en permanence par des fours, apparaît sur l’un des brûle-parfums de l’exposition, de même que le chalet suisse, construit pour abriter les neuf vaches et le taureau qu’elle a reçu en cadeau lors de son passage en pays helvète.

Manufacture nationale de Sèvres Paire de glacières du service aux Liliacées de l’impératrice Joséphine 1802-1805 ; 1804 pour les glacières Porcelaine dure. H. 31,6 à 31,9 ; L. 27 ; D. 23,5 cm Don Mr. et Mrs. Henry Kravis Boston, Museum of Fine Arts © Museum of Fine Arts, Boston

Manufacture nationale de Sèvres
Paire de glacières du service aux Liliacées de l’impératrice Joséphine
1802-1805 ; 1804 pour les glacières
Porcelaine dure.
H. 31,6 à 31,9 ; L. 27 ; D. 23,5 cm
Don Mr. et Mrs. Henry Kravis
Boston, Museum of Fine Arts
© Museum of Fine Arts, Boston

 

Des concerts sont organisés au sein de la Petite Malmaison, on ouvre alors les portes sur la serre pour mieux en profiter.

Son but, elle l’avoue dans une lettre : « Je désire que la Malmaison offre bientôt un modèle de bonne culture et qu’elle devienne une source de richesse pour les départements […] Je veux que dans dix ans, chaque département possède une collection de plantes précieuses sorties de mes pépinières. » Joséphine a réussi, selon son désir, à « faire pousser l’Amérique ».

 

Décès

C’est une coquetterie qui causera la mort de l’Impératrice. Elle attrape une pneumonie lors d’une balade avec sa fille et le tsar Alexandre Ier pour avoir voulu lui montrer ses jardins vêtue d’une légère robe d’été le 23 mai 1814. Elle décède le 29 mai dans sa grande chambre du château de Malmaison. Tout le monde va pleurer sa mort jusqu’à la Cour du nouveau roi Louis XVIII (Joséphine était d’ascendance aristocratique et n’a jamais cessé d’aider sa parentèle). Elle sera même perçue comme une sorte de martyre de l’Empire, celle qui a volé au secours de tous ses amis de l’aristocratie.

Napoléon apprend la mort de sa chère Joséphine en exil sur l’île d’Elbe. Il viendra lui dire adieu en revenant à la Malmaison, demandant à être seul dans l’escalier dérobé qui menait vers sa chambre et qu’il avait tant de fois emprunté. Si Napoléon a été fou d’amour pour Joséphine, si elle l’a sincèrement aimé malgré ses erreurs au début de leur mariage, il a toujours été conscient de la véritable nature de sa femme. Laissons-lui donc le mot de la fin lorsqu’il l’évoquera lors de son exil à Sainte-Hélène : « Je m’étais élevé avec elle et puis c’était une vraie femme, celle que j’avais choisie. Elle était pleine de grâce pour se mettre au lit, pour s’habiller […] Je puis dire que c’est la femme que j’ai tout simplement le plus aimé. »

 

BIBLIOGRAPHIE

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CONCOURS – Ces femmes qui ont réveillé la France de Jean-Louis Debré & Valérie Bochenek

Jean-Louis Debré & Valérie Bochenek - Ces femmes qui ont réveillé la France - Editions Points

Jean-Louis Debré & Valérie Bochenek – Ces femmes qui ont réveillé la France – Editions Points

 

Olympe de Gouges – Georges Sand – Elisa Lemonnier – Marguerite Boucicaut – Marie Louise Jaÿ – Julie-Victoire Daubié – Maria Deraismes – Louise Michel – Madeleine Brès – Blanche Edwards – Augusta Klumpke – Hubertine Auclert – Jeanne Chauvin – Maria Vérone – Marguerite Dilhan – Paule René Pignet – Marguerite Durand – Camille Claudel – Marie Curie – Irène Joliot-Curie – Colette – Louise Weiss – Marthe Simard – Marguerite Yourcenar – Nafissa Sid Cara – Simone Veil…

Parmi ces femmes, lesquelles connaissez-vous de nom ? Lesquelles vous évoquent plus qu’un nom mais quelques bribes de vie ? Pourtant, elles ont toutes un point commun : elles ont, chacune à leur manière, fait avancer la condition féminine. Julie-Victoire Daubié en devenant la première bachelière de l’histoire de France, Maria Deraismes en ouvrant la voie de la franc-maçonnerie, Colette en obtenant la Légion d’Honneur et des obsèques nationales.
Ces femmes qui ont réveillé la France est un livre qui dresse le portrait de 26 femmes d’exception. Parmi elles, certaines ont œuvré pour le droit de vote, le droit à l’éducation, d’autres pour le droit à l’avortement, toutes ont mené un combat contre les inégalités et pour conquérir leur liberté en traînant souvent derrière elles un parfum de scandale.

Marguerite Boucicaut a révolutionné les règles du commerce tout en gratifiant ses employés.

Marguerite Boucicaut a révolutionné les règles du commerce tout en gratifiant ses employés.

Colette, première femme à laquelle la République ait accordé des obsèques nationales.

Colette, première femme à laquelle la République ait accordé des obsèques nationales.

 

Présenté de façon chronologique, chaque portrait se clôt par une bibliographie succincte. D’un point de vue plus personnel, l’un des deux auteurs étant Jean-Louis Debré, je craignais que le livre développe un biais trop politique. Si les derniers portraits présentés sont ceux de femmes ayant gagné les hautes sphères du pouvoir afin de pouvoir mener des réformes en profondeur, l’ouvrage ne se limite pas à une accumulation de réflexions sur la République et ses fondements. Chaque portrait permet au lecteur de mieux se rendre compte du combat mené par ces féministes pour conquérir peu à peu les droits que nous tenons aujourd’hui pour acquis.

Hubertine Auclert, militante en faveur du droit de vote des femmes.

Hubertine Auclert, militante en faveur du droit de vote des femmes.

 

Un livre d’intérêt public donc, car si les mentalités ont fait beaucoup de chemin depuis Olympe de Gouges, un détour rapide par le site de l’Observatoire des Inégalités prouve qu’il reste encore du chemin à parcourir. Récemment, une amie me faisait part d’une conversation entendue au hasard des couloirs du métro parisien entre deux jeunes garçons. L’un demandant à son ami : « Ça sert à quoi une femme ? » A ces mots, j’ai regretté de n’avoir pas eu l’occasion d’assister à cet échange afin de lui glisser cet ouvrage dans les mains…

Marguerite Durand, fondatrice du premier journal élaboré exclusivement par des femmes, pour des femmes.

Marguerite Durand, fondatrice du premier journal élaboré exclusivement par des femmes, pour des femmes.

 

Je vais cependant avoir l’occasion de me rattraper avec l’un d’entre vous, chers amis lecteurs, puisque les éditions Points vous proposent de vous faire gagner ce livre et de découvrir à votre tour ces destins d’exception. Pour cela, il vous suffit de répondre à la question suivante : dans quel domaine Jeanne Chauvin a-t-elle été la première femme à s’illustrer et en quelle année ? Vous avez jusqu’au 13 juin 2014 pour me faire parvenir votre réponse via la section commentaires du blog. Un tirage au sort sera ensuite organisé parmi les bonnes réponses afin de désigner le ou la gagnante du concours. Bonne chance !

 

BIBLIOGRAPHIE

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Les Secrets de la laque française au Musée des Arts Décoratifs

Venue d’Extrême-Orient dès le XVIe siècle, la laque, matière dure, profonde, légère, brillante et luxueuse fascina les Européens. L’engouement de la clientèle parisienne pour cette technique fut si vif que les artisans français cherchèrent très rapidement à en percer les secrets en mettant au point des produits imitant la laque.
En France, les frères Martin : Guillaume, Etienne-Simon, Julien et Robert, peintres vernisseurs parisiens, lui donnèrent, entre 1710 et 1770 ses lettres de noblesse en embellissant objets, meubles, boiseries et carrosses dont la renommée fut immense.

Détail d’un panneau de berline, Paris, attr. à Guillaume ou Étienne-Simon Martin, vers 1745

Détail d’un panneau de berline, Paris, attr. à Guillaume ou Étienne-Simon Martin, vers 1745

 

Si les termes de laque et de vernis sont encore aujourd’hui des mots du langage courant, il existe pourtant une distinction fondamentale entre les deux. Durant les XVIIe et XVIIIe siècles, le mot laque était utilisé pour évoquer les objets importés d’Extrême-Orient tandis que le mot vernis était réservé aux productions européennes. L’expression vernis Martin devint, en France, le terme générique de cette technique. On notera ici cette exception française car, dès cette époque, le mot laque s’était imposé dans la plupart des langues européennes au détriment de vernis.
Autre particularité sémantique, le mot laque employé au féminin désigne la matière première, une résine provenant du Rhus vernicifera arbre de la famille des Sumacs, tandis qu’au masculin il désigne l’objet laqué proprement dit.

L’exposition s’ouvre donc sur ces laques asiatiques importées, spécialement créées pour le marché européen avec, entre autres, un magnifique paravent resté intact. Chose rare car les paravents furent souvent démontés pour utiliser les panneaux dans les décors de pièces en les insérant dans des boiseries. Sous l’impulsion des marchands-merciers leur dépeçage commença afin de servir une nouvelle mode du meuble parisien : le meuble plaqué de laque chinois ou japonais.

Bureau à huit pieds, Paris, anonyme, dernier quart du XVIIe siècle

Bureau à huit pieds, Paris, anonyme, dernier quart du XVIIe siècle

 

Ne pouvant percer le secret de la laque, les européens cherchèrent à l’imiter. Dans cette recherche, les frères Martin s’imposèrent rapidement comme les artisans les plus doués. D’abord en décorant des objets destinés à la toilette faisant échos aux tableaux sur les murs comme Femme à sa table de toilette de Guillaume Voiriot (vers 1760) ou une Marchande de rubans par Joseph Willem Laquy (vers 1770) Ces tableaux reflètent le succès de ces toilettes de vernis Martin. La technique s’étendit rapidement à tous types d’objets.

Boîte de toilette, anonyme, Paris, vers 1750

Boîte de toilette, anonyme, Paris, vers 1750

Nécessaire à parfums, anonyme, Paris, vers 1755-56

Nécessaire à parfums, anonyme, Paris, vers 1755-56

 

Les marchands-merciers commanditent alors meubles et objets, procurent les matières premières, les panneaux de laque orientale, demandent aux vernisseurs de compléter les décors avec leurs propres créations. Selon Félix Watin, auteur d’un traité pratique sur le vernis : « le fameux Martin a trompé à cet égard plus d’une fois les plus habiles connoisseurs ; ces chefs-d’œuvre sont encore recherchés avec le même empressement que les anciens laques. »
Sur cette commode de Mathieu Criaerd, le décor trouve sa source dans les motifs en hiramaki-e (technique de décoration des laques, développée à l’époque de Muromachi, qui utilise un décor de poudre d’or recouvert de laque transparente) employés dans les laques japonais appelés nambar.

Mathieu Criaerd, Commode

Mathieu Criaerd, Commode

Commode à deux rangs de tiroirs, Paris, estampillée de Jacques Dubois (1694-1764)

Commode à deux rangs de tiroirs, Paris, estampillée de Jacques Dubois (1694-1764)

 

Les années 1740 voient l’introduction de couleurs autres que le rouge, noir et or. Cette impulsion permet une gamme de meubles moins onéreuse mais non moins luxueuse qui révèlent la fantaisie et l’originalité qui se sont emparées de l’art décoratif français et reflètent un aspect de l’esprit rocaille à l’image du secrétaire en pente de Madame de Pompadour qui marque l’émancipation de la laque française par rapport au modèle asiatique. La couleur fait irruption dans les fonds pour s’intégrer aux décors intérieurs.

Commode à deux rangs de tiroirs, Paris, estampillée de Jacques Dubois (1694-1764)

Commode à deux rangs de tiroirs, Paris, estampillée de Jacques Dubois (1694-1764)

 

Avec le temps, la technique de la laque s’étend rapidement à divers objets notamment les bijoux.
Le plus répandu de ces objets est la tabatière mais celle-ci est généralement lourde. Pour alléger leurs oeuvres, les artisans utilisent le papier mâché. Facile, économique, il devient après cuisson aussi solide que le bois, léger ainsi qu’un excellent support pour la laque.

Tabatière noire et or à décor rayonnant, anonyme, Paris, vers 1744–1750

Tabatière noire et or à décor rayonnant, anonyme, Paris, vers 1744–1750

 

Le goût pour la laque évolue, les chinoiseries restent appréciées mais voisinent avec des thèmes empruntés aux fantaisies de la rocaille, l’esprit léger des pastorales, les scènes de genre par Oudry, Boucher, Greuze. Les meubles deviennent de nouveaux supports pour la diffusion des œuvres picturales. Presque tous les objets d’ameublement peuvent recevoir le vernis Martin.

Commode à deux rangs de tiroirs, transformée en console, estampillée de Jean-Louis Grandjean et Pierre Macret, Paris, vers 1755

Commode à deux rangs de tiroirs, transformée en console, estampillée de Jean-Louis Grandjean et Pierre Macret, Paris, vers 1755

Grand étui à décor mythologique, anonyme, d’après La naissance de Vénus et L’enlèvement d’Europe de François Boucher, Paris, vers 1760-1770

Grand étui à décor mythologique, anonyme, d’après La naissance de Vénus et L’enlèvement d’Europe de François Boucher, Paris, vers 1760-1770

Commode de Madame Adélaïde, Gilles Joubert et Etienne-Simon Martin, Paris, 1755

Commode de Madame Adélaïde, Gilles Joubert et Etienne-Simon Martin, Paris, 1755

 

La spécialité des Martin et les pièces les plus imposantes de cette exposition sont sans aucun doute les voitures, traîneaux et autres moyens de locomotion. Il n’est pas excessif de voir dans la voiture hippomobile du XVIIIe siècle l’incarnation des sommets de raffinement et de luxe atteints par l’art décoratif français.
Ornée des matériaux les plus riches, objet d’un faste sans précédent et d’une fabrication particulièrement soignée, la voiture est un luxe recherché par toute l’Europe, faisant de Paris un lieu de choix pour la carrosserie. On ne dénombre pas moins de deux cents ateliers dans la seconde moitié du siècle dont la plupart sont situés rive droite de la Seine autour de l’axe formé par la rue Saint-Denis.

La fabrication d’une voiture résulte de l’intervention de charrons qui préparent le train, de serruriers qui fabriquent les essieux et les différentes pièces de ferrures, de bourreliers qui fournissent les pièces de cuir, de menuisiers qui assurent la fabrication de la caisse, de sculpteurs qui en réalisent les éléments décoratifs, de miroitiers qui produisent les glaces, de selliers qui garnissent l’intérieur et enfin de doreurs, peintres et vernisseurs qui assurent le décor extérieur.

Dans ce domaine aussi, les Martin excellent. Ils sont même célébrés par Voltaire : « De la berline, elle est bonne et brillante. Tous les panneaux par Martin sont vernis. » (Nanine, scène V, acte III, 1749), ils s’installent Grande rue du Faubourg Saint-Martin et Grande rue du Faubourg Saint-Denis afin de bénéficier d’ateliers spacieux et bien aérés indispensables à leur activité.

Berline de la Maison du Roi
Commandée pour la cour du Portugal, la berline témoigne des commandes passées par les cours étrangères aux selliers parisiens. Le fond de caisse est peint de scènes mythologiques représentant les quatre saisons. Chaque scène est entourée d’une bordure traitée en laque aventurine apportant préciosité à l’ensemble.

Berline de la maison du Roi, anonyme, Paris, vers 1760

Berline de la maison du Roi, anonyme, Paris, vers 1760

Berline de la maison du Roi (détail), anonyme, Paris, vers 1760

Berline de la maison du Roi (détail), anonyme, Paris, vers 1760

 

Traineaux aux patineurs
Conçu pour les promenades sur les pièces d’eau gelées et les allées enneigées dans les parcs, le traîneau est l’occasion de grandes fantaisies décoratives. Transparence, profondeur et éclat sont apportés par le vernis Martin rehaussé ici d’une laque aventurine.

Traîneau aux patineurs, anonyme, Paris, vers 1770

Traîneau aux patineurs, anonyme, Paris, vers 1770

 

De manière plus surprenante, la technique va toucher le domaine scientifique alors en plein essor. Jean-Antoine Nollet pensait que l’instrument scientifique doit refléter les modes de son temps : il a alors recours au vernis Martin pour y déployer un décor de fleurs sinisantes en or sur fond de laque noire ou rouge associés à des motifs de fleurons plus occidentaux.

Appareil pour l’étude de la transmission des pressions dans les liquides de l’abbé Nollet, anonyme, Paris, vers 1760

Appareil pour l’étude de la transmission des pressions dans les liquides de l’abbé Nollet, anonyme, Paris, vers 1760

Machine pneumatique de l’abbé Nollet, anonyme, Paris, vers 1760

Machine pneumatique de l’abbé Nollet, anonyme, Paris, vers 1760

 

Le parcours de l’exposition s’achève par une succession de mariages plus ou moins réussis : l’ajout de plaques de porcelaine, le décor en grisaille dont l’existence éphémère ne passe pas la Révolution, le métal doublé (cuivre doublé d’argent) qui s’avère trop cher et dont l’effet est quasi identique à celui de la tôle peinte…

Sous la Régence, nous pouvons découvrir les premiers objets en tôle imitant la nacre. Ce sont essentiellement des objets de table dont les décors s’apparentent à ceux de la porcelaine sous Louis XV. La plupart de ces objets étant destinés à recevoir ou contenir de l’eau, leur qualité se dégrade très rapidement.

Paire de cuvettes à fleurs, anonyme, Paris, 3e quart du XVIIIe siècle

Paire de cuvettes à fleurs, anonyme, Paris, 3e quart du XVIIIe siècle

 

Sous Louis XVI, à cause des importations anglaises, la technique connait un nouvel essor. Deux manufactures voient le jour : la Petite Pologne et celle de la veuve Gosse et Samousseau.

Cassolette attribuée à la Manufacture de la veuve Gosse et Samousseau, Paris, vers 1770 -1780

Cassolette attribuée à la Manufacture de la veuve Gosse et Samousseau, Paris, vers 1770 -1780

 

La fin de l’activité des frères Martin coïncide avec le crépuscule de l’époque rocaille. Ceux-ci disparaissent entre 1749 et 1771. Ils sont toujours considérés comme les maîtres du travail du vernis. Était-ce la composition particulière du vernis ou un certain savoir-faire qui conférait à leurs ouvrages un mérite supérieur ? Les Martin ont emporté dans la tombe leurs secrets de fabrication qui continuent de faire débat dans le monde des experts.

Les secrets de la laque française : le vernis Martin jusqu’au 8 juin 2014
Musée des Arts décoratifs
107, rue de Rivoli
75001 Paris

 

BIBLIOGRAPHIE

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